La mélatonine est-elle bonne pour vous?
Ce somnifère en vente libre serait le médicament miracle pour cesser l’insomnie. Mais qu’en est-il de son effet sur votre santé?

En général les somnifères approuvés par Santé Canada sont destinés à traiter sur une période maximale de deux semaines le genre d’insomnie causé par une angoisse passagère. Pour un somnifère sur ordonnance, il faut s’en tenir aux directives.
Si vous en prenez trop longtemps, vous finirez par ne plus pouvoir vous en passer.Une autre raison pour en limiter l’usage a été mise en lumière par une récente étude du Journal of Gerontology démontrant que les gens qui s’endorment avec un somnifère n’accomplissent pas le cycle normal du sommeil.
Obscurité chimique
Tout d’abord, ce n’est pas vraiment un médicament, mais une hormone que sécrète l’épiphyse, cette glande située entre les deux hémisphères du cerveau. Ensuite, les merveilles qu’elle est censée accomplir pour guérir toutes sortes de maux en plus de l’insomnie n’ont pas encore été prouvées.
Il est vrai que la mélatonine dans l’organisme contrôle le rythme circadien pour que nous dormions la nuit et restions éveillés le jour. La quantité de lumière qui pénètre dans les yeux détermine la quantité de mélatonine sécrétée par l’épiphyse. La lumière ralentit sa production, ce qui explique qu’on se sente énergique lorsqu’il fait beau et léthargique quand le temps est sombre. En soirée, la lumière diminuant, l’épiphyse sécrète progressivement plus de mélatonine, qui favorise la relaxation et finit par endormir. Au lever du soleil, sa production ralentit, et on commence à s’éveiller.
Cela dit, les études sur l’usage de la mélatonine pour soigner l’insomnie n’ont pas produit de résultats concluants. Des chercheurs du Brigham and Women’s Hospital de Boston ont constaté dernièrement que les sécrétions de mélatonine ne diminuaient pas avec l’âge, signe manifeste que cette hormone n’est pas liée à l’insomnie chez les personnes âgées. Bien qu’on s’entende pour dire qu’elle influence le sommeil, il n’y a pas consensus sur sa posologie non plus que sur son innocuité. Il y aurait en plus des effets indésirables comme la dépression, les rêves marquants et des vertiges le lendemain.
Est-ce un bon choix?
Si vous vous endormez au travail et que votre médecin a écarté toute cause physique à votre insomnie, vous pourriez en faire l’essai. Souvenez-vous toutefois que la mélatonine, même si elle circule en vente libre, en est encore au stade expérimental. Jusqu’à ce qu’on en comprenne mieux le mécanisme, assurez-vous de la prendre sous surveillance médicale.
La dose optimale
Une étude du Massachusetts Institute of Technology suggère une dose d’environ 0,5 mg au coucher pour endormir et modifier le cycle du sommeil. Il serait imprudent d’en prendre plus de crainte qu’un niveau trop élevé de mélatonine dans l’organisme ne finisse par en décourager la production naturelle ou celle d’autres hormones. De nombreux chercheurs croient que des doses élevées de mélatonine pourraient, en inhibant la production d’hormones stéroïdes, surtout chez la femme, supprimer l’ovulation et augmenter les risques d’ostéoporose et de maladie cardiaque.
Ne prenez pas de mélatonine si vous êtes enceinte ou désirez le devenir, ou si vous souffrez d’un problème lié au système immunitaire. Si vous décidez d’en prendre, respectez un horaire strict. Parce que Santé Canada ne la considère pas comme un médicament, la mélatonine n’est pas réglementée. Sa concentration et sa pureté peuvent donc varier considérablement d’une marque à l’autre. La version synthétique fabriquée dans un laboratoire contrôlé serait peut-être préférable à l’hormone naturelle, extraite de la glande pinéale (épiphyse) du mouton.

















