Panne sexuelle, panne santé
Le dysfonctionnement érectile pourrait signaler un problème de santé sous-jacent.

Environ la moitié des hommes de plus de 40 ans souffrent, à un degré ou un autre, de dysfonctionnement érectile (DE). Ce problème touche également 5 à 10% des hommes plus jeunes. Il peut donc survenir plus rapidement qu’on ne s’y attend.
Le DE se définit comme une incapacité permanente ou récurrente d'obtenir une érection ou de la maintenir suffisamment longtemps pour avoir un rapport sexuel satisfaisant. Il y a de nombreuses causes possibles à ce problème : facteur perturbant l’apport de sang au pénis, déséquilibre hormonal, trouble psychologique, etc. L’usage du tabac par exemple, qui est associé au durcissement des artères, multiplie par deux le risque; l’obésité et le manque d’exercice sont également des facteurs. Le diabète, l’hypercholestérolémie, un faible taux de testostérone peuvent le causer. Certains médicaments, notamment les hypotensifs ou les médicaments contre l’hyperplasie bénigne de la prostate, sont en cause une fois sur quatre.
Pas seulement dans sa tête
«On croyait autrefois que le DE était d’origine psychologique alors que, aujourd’hui, nous pensons que c’est rarement le cas», souligne le docteur Laurence Klotz, urologue et président de l’Association des urologues du Canada. Bien que l’anxiété, la dépression et le stress puissent y contribuer, il se pourrait en fait qu’ils ne constituent que des facteurs aggravants d’un problème existant.
La filière du coeur
Les chercheurs sont de plus en plus convaincus qu’il existe un lien entre le DE et la santé cardiaque. Les résultats d’études récentes indiquent que les problèmes érectiles pourraient constituer un signe précoce de maladie coronarienne. Dans une étude d’une durée de dix ans effectuée à la clinique Mayo auprès de 1400 hommes, les chercheurs ont observé que, chez ceux qui souffraient de DE, le risque de cardiopathie était plus élevé, et encore plus chez ceux de moins de 50 ans. «Il était presque deux fois plus élevé chez les hommes les plus jeunes», explique la docteure Jennifer St. Sauver.
Traitements
Les inhibiteurs de la PDE-5 comme le Viagra (citrate de sildénafil), le Cialis (tadalafil) et le Levitra (vardénafil) inhibent l’activité de cette enzyme dont l’action consiste à réduire l’apport de sang au pénis, prévenant l’érection. Quant aux médicaments auto-injectés, dont l’alprostadil et la papavérine, ils augmentent l’apport de sang au pénis. L’hormonothérapie de substitution, la psychothérapie ainsi de des changements apportés au mode de vie, par exemple l’arrêt du tabac et l’exercice, font partie des autres traitements possibles.
Votre rôle
Selon les experts, votre partenaire est plus susceptible de demander un traitement si vous le soutenez et êtes capable de parler calmement avec lui de son problème. Abstenez-vous toutefois de le faire tout de suite après une tentative ratée, explique Brian Parker, expert en sexualité humaine d’Edmonton. Et s’il craignait d’être incapable de vous satisfaire? Montrez-lui qu’il peut le faire sans érection. «Il y a bien des choses que les couples peuvent faire ensemble sans qu’il y ait pénétration», rappelle Brian Parker. Évitez, autant que possible, de vous refermer sur vous-même par crainte de ne pas être désirable; vous ne ferez qu’aggraver le problème. «L’égo des hommes porte souvent sur leur sexualité. Vous devriez rassurer votre partenaire en lui rappelant combien vous l’aimez.» Vous pourriez aussi, de votre côté, consulter un spécialiste du counselling.
















