Hypertension artérielle
Bien qu’elle ne présente pour ainsi dire pas de symptômes, l’hypertension artérielle est une maladie potentiellement dangereuse. Heureusement, il est possible de la traiter au moyen de médicaments et en adoptant un mode de vie adéquat.

Ce qu’est l’hypertension artérielle
Les médecins connaissent les causes de la plupart des maladies, mais celles de l’hypertension artérielle leur échappent. Vos gènes, votre alimentation et vos habitudes de vie pourraient être en cause. L’organisme élève la pression artérielle de trois principales façons:
1. La fréquence et la puissance des battements du cœur augmentent, forçant le sang à circuler avec plus de vigueur dans le système.
2. Les petites artères (ou artérioles) se resserrent pour diverses raisons – plaque dans les vaisseaux, stress émotionnel – et il faut donc plus de pression pour faire circuler le sang.
3. Les reins retiennent l’eau dans l’organisme, augmentant le volume de sang qui passe dans les vaisseaux. Cette rétention résulte d’une libération des hormones qui augmentent les réserves de sodium de l’organisme (une alimentation riche en sel y contribue grandement).
Lorsque la pression artérielle est élevée en permanence, on parle d’hypertension artérielle. Dans la très grande majorité des cas (90%), il s’agit de ce qu’on appelle une hypertension primaire (ou essentielle), forme dont on ne connaît pas les causes. On ne peut associer l’hypertension à une cause spécifique, par exemple une maladie rénale ou l’emploi à long terme de certains médicaments (AINS, corticostéroïdes, contraceptifs oraux) que dans 10% des cas. Pour soigner cette forme d’hypertension, dite secondaire, il suffit bien souvent d’éliminer le problème sous-jacent.
Votre pression artérielle fluctue au cours de la journée en fonction de vos activités. Elle tombe quand vous dormez et s’élève lorsque vous faites de l’exercice ou êtes sous l’effet de la douleur ou du stress. Nous savons que, pour être normale, la pression devrait être de 120/80. Le premier chiffre (120) correspond à la pression systolique, celle qui s’exerce sur les parois des artères lorsque le cœur se contracte pour expulser le sang. Le second (80) correspond à la pression diastolique, celle qui s’exerce lorsque le cœur se détend entre deux contractions.
A la longue, l’hypertension artérielle peut provoquer des lésions permanentes. Le muscle cardiaque surmené peut devenir flasque et inefficace, causant de l’insuffisance cardiaque. Les vaisseaux qui apportent le sang aux yeux, au cerveau et aux organes peuvent être tellement dilatés ou tendus qu’ils risquent de fuir ou d’éclater, provoquant un ACV ou des saignements internes.
Traitement de l’hypertension artérielle
Nous disposons désormais de nombreuses solutions pour faire baisser la pression artérielle, particulièrement les nouveaux médicaments prescrits à cet effet. Si votre pression n’est que légèrement élevée (130 à 139 mm Hg sur 85 à 89 mm Hg), vous pourriez vous dispenser de prendre de médicaments, à la condition, cependant, d’apporter certains changements à votre mode de vie: alimentation, exercice, maîtrise du poids, consommation d’alcool et gestion du stress. Ne négligez pas, pour autant, de vérifier régulièrement votre pression afin de vous assurer que vous êtes sur la bonne voie. Dans les cas les plus graves, il vous faudra la mesurer plusieurs fois par jour à l’aide d’un moniteur. Dans les cas les moins graves, il vous suffira de vous rendre à la pharmacie deux fois par semaine pour la faire mesurer par l’appareil que les pharmaciens mettent à la disposition de leurs clients.
Selon les experts, si, malgré les changements que vous avez apportés à votre mode de vie, votre pression systolique au bout de six mois de ce régime se situe entre 140 et 159 mm Hg, et votre pression diastolique entre 90 et 99 mm Hg, vous devrez prendre des médicaments. Un seul pourrait suffire mais il se peut que vous en ayez besoin de deux. Si vous arrivez à maîtriser parfaitement votre pression pendant quelques années et avez apporté les changements requis dans vos habitudes, le médecin pourrait diminuer vos doses et même mettre fin à la médication.
Médicaments contre l’hypertension artérielle
On ne se trompe jamais quand il s’agit d’adopter un mode de vie sain, mais il n’empêche que les médicaments (des antihypertenseurs) constituent parfois la meilleure solution. Lorsque vous aurez trouvé celui qui convient à votre situation et l’aurez pris régulièrement pendant un certain temps, votre pression sanguine retournera à la normale, aussi élevée qu’elle ait pu être dans le passé.
On ne peut toutefois passer sous silence la question des effets indésirables. Dans certains cas, ils pourraient être plus pénibles que l’hypertension elle-même, mais avec un peu de chance, vous n’en éprouverez pas. Chacun réagissant différemment, préparez-vous à devoir faire quelques essais avant de trouver celui qui convient à votre situation et provoque le moins d’effets indésirables. Si aucun de ceux que vous avez pris ne répond à ces critères, parlez-en à votre médecin. Vous seriez étonné du nombre de possibilités qui s’offrent à vous si, par exemple, un bêta-bloqueur vous rend triste ou si un inhibiteur de la ACE modifie votre sens du goût.
Vous n’aurez probablement pas besoin de plus d’un ou deux antihypertenseurs. Seul un petit nombre de personnes (habituellement les diabétiques ou les personnes dont la pression systolique est élevée) doivent en prendre trois ou plus. Les médecins aguerris sont conscients des effets négatifs ou positifs de certains antihypertenseurs sur d’autres affections dont vous pourriez souffrir. Il vous faudra probablement voir votre médecin toutes les quatre à six semaines afin de parler avec lui des effets secondaires de votre médication et faire vérifier votre pression, jusqu’à ce que vous ayez trouvé le bon médicament.
Si vous devez prendre un antihypertenseur et êtes, par ailleurs, en santé, on vous prescrira probablement un diurétique afin d’éliminer les surplus de liquides et de sodium, ou un bêta-bloqueur qui soulagera la charge de votre cœur en tempérant la force et la fréquence des battements cardiaques. On a montré, lors de nombreuses études, que ces deux groupes de médicaments pouvaient soigner l’hypertension artérielle.
Les diurétiques forcent les reins à excréter les surplus de sel et d’eau, ce qui a pour effet de diminuer le volume du sang et, par conséquent, la quantité de liquide qui doit passer dans des artères potentiellement rétrécies. Bien qu’ils agissent sur différents sites des reins, les trois catégories de diurétiques produisent essentiellement la même réaction; il s’agit des thiazides (Diuril, Hygroton, Esidrix), des diurétiques de l’anse (Bumex, Lasix, Edecrin) et des diurétiques d’épargne potassique (Midamor, Aldactone, Dyrenium). Les diurétiques sont particulièrement efficaces pour les personnes souffrant d’une hypertension franche, qui sont plus âgées et d’origine afro-américaine.
Les bêta-bloqueurs (Inderal, Tenormin, or Corgard) sont les autres médicaments de choix pour soigner l’hypertension artérielle. Jumelés aux antihypertenseurs, ils sont réputés diminuer le risque de mortalité par maladie cardiaque. De fait, ces médicaments constituent une bonne solution pour les personnes qui ont déjà subi une crise cardiaque, souffrent d’angine de poitrine ou de perturbations du rythme cardiaque, de tremblements, d’hyperthyroïdie ou de migraine. Ils doivent leur efficacité au fait qu’ils tempèrent les effets de l’adrénaline et ralentissent le cœur afin qu’il travaille moins. Par contre, votre médecin ne vous prescrira probablement pas un bêta-bloqueur si vous êtes sujet à l’asthme (ces médicaments peuvent rétrécir vos voies bronchiques), à la dépression ou au diabète.
Au cours des dernières années, les chercheurs nous ont donné une autre classe de puissants médicaments, les inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IECA, tels que le Capoten, le Vasotec ou le Prinivil). Ils abaissent la tension artérielle tout en contribuant à limiter le risque d’insuffisance cardiaque congestive et à prévenir les ACV et les crises cardiaques chez les personnes à risque élevé. Comme ils diminuent les risques et les complications du diabète, ces médicaments vous seront particulièrement utiles si vous souffrez de cette maladie. Ils agissent en diminuant la formation d’angiotensine, une substance réputée resserrer les vaisseaux sanguins. Plutôt chers, les IECA sont fréquemment jumelés à des antihypertenseurs.
Environ 25% des personnes qui prennent un IECA souffrent, en conséquence, d’une toux agaçante. Si cet effet indésirable devient trop pénible, on peut prendre à la place un bloqueur des récepteurs de l'angiotensine II (Cozaar, Avapro) dont l’action est sensiblement la même. Par contre, comme cette famille de médicaments est associée à un risque élevé d’anomalies congénitales, si vous êtes enceinte ou essayez de l’être, informez-en votre médecin.
Les inhibiteurs ou antagonistes calciques (Norvasc, Cardizem CD à libération prolongée, Dilacor-XR, Tiazac et Procardia XL) constituent une autre solution. Ils agissent en dilatant les artères et en allégeant la charge du cœur. Ils font rapidement baisser la pression artérielle et peuvent soulager l’angine de poitrine. Ils ont l’avantage de ne nécessiter qu’une dose par jour. Par contre, ils sont chers et ne sont pas aussi efficaces que d’autres médicaments pour la prévention des ACV ou des problèmes cardiaques ou rénaux. Par ailleurs, le médecin ne vous prescrira probablement pas comme premier traitement un vasodilatateur, dont l’action consiste à faire baisser la pression artérielle en dilatant les artères, ou un alpha-bloqueur ou agoniste alpha, qui bloque les impulsions nerveuses qui font se dilater les petites artères. Ces médicaments sont habituellement réservés pour les situations où les autres antihypertenseurs ont échoué ou lorsqu’il faut un autre médicament pour compléter un traitement.
Changements dans le mode de vie
La chose la plus importante que vous puissiez faire pour faire baisser naturellement votre pression lorsqu’elle est trop élevée consiste à diminuer votre consommation de sodium alimentaire. Il y a 50% de chances que vous souffriez du genre d’hypertension qui est sensible au sel. Si c’est le cas, plus vous consommez de sodium (sel de table et aliments riches en sodium), plus votre pression est élevée. De toutes manières, quiconque souffre d’hypertension aurait intérêt à consommer moins de 2400 mg de sodium par jour. Par contre, n’hésitez pas à consommer de grandes quantités d’aliments riches en potassium. Ce minéral détend les artères, contribuant à faire baisser la pression.
En plus de surveiller votre alimentation, vous devez apprendre à gérer votre stress. Même les tensions et les colères mineures peuvent avoir pour effet de faire monter votre pression en déclenchant des hormones qui resserrent les vaisseaux sanguins. De plus, le stress accompagne souvent la dépression et l’anxiété, affections qui peuvent multiplier par plus de deux fois votre risque d’hypertension. Chacun a sa manière de combattre le stress: trouvez celle qui vous convient et tenez-vous y. On a montré lors d’études que le yoga et le taï chi faisaient baisser la pression presque autant que l’exercice modéré. Que vous pratiquiez le yoga ou le vélo, l’exercice est une part essentielle de tout programme destiné à faire baisser la pression artérielle. L’exercice vigoureux augmente la sécrétion d’endorphines, hormones du bien-être, et diminue le stress, l’anxiété et la dépression. En accélérant votre circulation sanguine, il préserve la souplesse de vos vaisseaux sanguins et les protège contre le rétrécissement, ce qui est important quand on veut maintenir sa pression artérielle dans des valeurs normales. Faites de l’exercice au moins trois fois par semaine, à raison de 30 minutes par séance. Si vous craignez que l’exercice ne fasse monter votre pression de plus des 20% considérés comme sûrs, vérifiez-la régulièrement à l’aide d’un moniteur. Optez pour des exercices aérobiques qui font travailler les gros muscles, par exemple la marche rapide, la natation ou le vélo, de préférence aux exercices de musculation (poids et haltères) qui peuvent faire grimper considérablement, quoique temporairement, votre pression artérielle.
Couplé à une bonne alimentation et à des portions raisonnables, l’aérobique vous aidera à perdre du poids. C’est important quand on sait qu’il suffit de faire un peu d’embonpoint pour doubler son risque de souffrir d’hypertension artérielle. N’oubliez pas que les boissons et collations de régime sont souvent chargés de sel afin de compenser leurs teneurs réduites en gras et en sucre.
Il est aussi important de dormir suffisamment (le manque de sommeil peut faire monter la pression artérielle) et de limiter votre consommation d’alcool et de caféine. Votre pression risque de s’élever si vous prenez plus d’un ou deux verres d’alcool ou de cinq tasses de café par jour.
Questions à poser à votre médecin
- Le médicament que vous venez de me prescrire modifiera-t-il l’efficacité de mes autres médicaments? Est-ce qu’il risque d’affecter ma sexualité?
- L’exercice est-il sans danger pour moi? Ma pression artérielle s’est beaucoup élevée lorsque j’ai passé épreuve à l'ocytocine.
- A quel moment devrai-je voir un cardiologue?
- Ai-je la moindre chance d’arrêter un jour de prendre des médicaments? Que devrais-je faire pour cela?
Vivre avec l’hypertension artérielle
Si vous souffrez d’hypertension artérielle, nous vous recommandons fortement d’apporter des changements à votre mode de vie. En outre, les éléments suivants vous aideront à mieux maîtriser votre pression artérielle:
- Pensez à vos vaisseaux lorsque vous choisissez vos nutriments. Ainsi, les acides gras oméga-3 présents dans les poissons gras, par exemple le saumon, vous aideront dans la mesure où ils préservent la souplesse de vos vaisseaux sanguins. Mangez du poisson trois fois par semaine.
- Surveillez vos symptômes. Bien que l’hypertension artérielle ait la réputation d’être une affection silencieuse, certaines personnes présentent des symptômes qu’elles apprennent à reconnaître. Si vous souffrez de céphalées ou de problèmes de la vue, consultez votre médecin.
- Faites preuve de vigilance au moment des changements de saison. Chez certains, la température affecte la pression artérielle. Si vous observez une augmentation sensible durant l’hiver, discutez avec votre médecin de la possibilité de modifier votre traitement en conséquence.
- Gardez l’oeil sur votre pression systolique. Pendant des années, les médecins se sont concentrés sur la pression diastolique (le chiffre le plus bas). Or, les chercheurs pensent plutôt aujourd’hui que la pression systolique (le chiffre supérieur) est plus directement lié aux maladies cardiaques et au décès. Si votre pression systolique augmente, demandez à votre médecin ce qu’il faut faire à ce sujet.
- Si vous prenez un inhibiteur calcique, buvez du jus de pamplemousse en quantité modérée. Ce jus pourrait augmenter les effets de cette catégorie d’antihypertenseurs en inhibant une enzyme de l’intestin grêle qui contribue à métaboliser un certain nombre de médicaments. Tout le monde ne souffre pas de ce problème et ce n’est pas le cas pour tous les jus de pamplemousse. Cela est plus susceptible de se produire lorsqu’on prend le médicament en même temps que le jus. Le fruit comme tel pourrait ne pas avoir le même effet que le jus.
Adapté de: Know Your Options: The Definitive Guide to Choosing The Best Medical Treatments, Reader
















